Présentation des voeux pour la nation 1991
Mis en ligne le lundi 21 juillet 2008
MONSIEUR LE SECRETAIRE GENERAL DE L’UNION DEMOCRATIQUE DU PEUPLE MALIEN, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT
Louange et gloire à Dieu le Tout Puissant et miséricordieux qui, dans sa grâce nous a donné de vivre une autre année et nous donne encore cette occasion de nous retrouver au seuil d’un nouvel an, pour nous exprimer nos estimes mutuelles et invoquer sa bénédiction.
Au nom de l’association des Groupements d’Eglises et Missions Protestantes Evangéliques au Mali, mes frères ici présents se joignent à moi pour vous adresser, à vous-même et à votre famille, au Bureau Exécutif Central, à l’Assemblée Nationale et au Gouvernement, nos voeux sincères de bonne santé, de longévité et de prospérité.
Puisse le Dieu d’amour et de grâce auquel nous adressons constamment des prières instantes en votre faveur et en faveur de tout le peuple malien nous assurer le bonheur, la paix et la concorde dans notre pays.
Excellence Monsieur le Président,
L’année qui passe aura été l’une de ces années riches en événements pour notre pays : Le débat sur la démocratisation au sein du parti, la conférence extraordinaire du Conseil National de L’U.D.P.M., la visite du Pape Jean-Paul II, la liberté de la presse avec l’apparition des journaux indépendants, les douloureux événements dans les 6è et 7è régions, la coprésidence du Sommet Mondial Pour les Enfants, la tenue à Bamako du sommet extraordinaire de la CEDEAO.
Il nous a été donné de constater avec beaucoup d’intérêt votre transparence et votre respect de l’opinion publique, par la libre expression de la presse privée dans notre pays, sur les problèmes brûlants de la nation à l’heure de grands changements socio-politiques dans le monde et en Afrique en particulier. Tout en exhortant nos concitoyens à une critique constructive, à l’objectivité dans l’expression de leurs opinions, nous souhaitons, Monsieur le Président, que cette liberté d’expression qui est l’une des expressions les plus manifestes de la vraie démocratie, soit un acquis définitif pour le citoyen malien débarrassé de tout ce qui peut porter atteinte à ses acquis en matière d’unité nationale, de solidarité, de fraternité et de liberté de conscience.
En ce qui concerne l’exercice de la démocratie au sein de l’UDPM, c’est un bonheur pour nous de constater que le Parti est toujours prêt à se remettre en cause et se doter de responsables lucides pour percevoir, au-delà de ce qui peut paraître en surface, les aspirations profondes du peuple. Nous prions que Dieu vous donne toujours des conseillers et des collaborateurs sincères, soucieux des vrais intérêts de la nation, francs dans leur expression et reflétant sincèrement l’opinion de la grande masse de la population.
C’est un bonheur d’avoir de bons conseillers pour exercer une direction saine, juste et ainsi bénie de Dieu. A cet égard, la Bible déclare (je cite) : "Quand la prudence fait défaut, le peuple tombe ; et le salut est dans le grand nombre de conseillers" Proverbes 11:4.
Nous persévérons dans la prière pour que Dieu inspire au peuple malien sagesse, prudence et discernement dans le débat sur la démocratie. Puisse le Tout Puissant nous accorder sa grâce afin que sous votre sage direction, ce débat débouche sur l’intérêt supérieur de la nation. Que le Créateur de l’Univers évite à notre pays de fausser ce débat, de sombrer dans le désordre politique qui peut être une menace aux libertés et aux droits fondamentaux du citoyen malien.
La Bible nous enseigne que " Quand Dieu approuve les voies d’un homme, il dispose favorablement à son égard même ses ennemis " et que " les projets de l’homme diligent ne mènent qu’à l’abondance, mais celui qui agit avec précipitation n’arrive qu’à la disette " Proverbes 16:7 ; 21:5.
Encore une fois, nous réaffirmons que notre prière constante est que le Tout Puissant vous aide à guider le peuple malien dans les voies de son choix dans le respect et la sauvegarde des acquis de notre peuple en matière d’unité nationale, de solidarité, de fraternité et du respect de la liberté de conscience.
A l’égard de la situation au Libéria et l’accord de cessez-le-feu intervenu à la suite de la réunion des Chefs d’Etats de la CEDEAO, la Communauté Chrétienne Evangélique au Mali est très reconnaissante à Dieu pour l’initiative qu’il vous a donnée d’entreprendre et de réussir cette mission combien difficile, ce qui a été un grand honneur à votre personne, à tous vos collaborateurs au sein du Parti et du Gouvernement et un honneur pour l’ensemble de la nation malienne et de l’Afrique toute entière. Tout en vous en félicitant vivement, nous prions que le Tout Puissant permette que le processus engagé pour le rétablissement de l’ordre, la paix et la concorde au Libéria soit l’apothéose de cette heureuse initiative.
A propos des douloureux événements récemment survenus en 6è et 7è Régions, nous avons beaucoup apprécié tous vos efforts ainsi que votre disponibilité pour assurer la sécurité des populations de ces deux régions. Nous osons croire que d’une part votre rencontre avec certains de vos homologues des pays voisins et d’autres part, les visites que vous ont rendues tour à tour les chefs des autorités religieuses et des responsables politiques des cercles et arrondissements des deux régions, sont de bons signes de paix, de quiétudes et de concorde pour nos compatriotes de ces régions.
Excellence Monsieur le Président, les Eglises et Missions Evangéliques Protestantes au Mali ont apprécié votre contribution de taille à la préparation et à la tenue du sommet mondial pour l’Enfance.
Votre intérêt pour le bien-être de l’Enfance a de façon particulière retenu notre attention.
Permettez-moi, Monsieur le Président de saisir l’occasion pour féliciter le Parti et le Gouvernement pour avoir pleinement associé les religieux à la réflexion sur la situation de l’enfance au Mali au cours du Séminaire National des Religieux sur la survie et le développement de l’enfant.
Au seuil du Nouvel An, nous souhaitons que les recommandations de ce séminaire puisse trouver un cadre d’application, qu’une vive attention continue à être portée sur cette catégorie sociale. Il va sans dire que l’enfant est l’espoir des parents et de la nation de demain. La récession économique mondiale en général et la situation particulière dans notre pays contribuent à créer chez les jeunes un désespoir pour leur avenir. Une telle attitude, attisée par la démission des parents, conduit notre jeunesse au découragement et à la recherche vaine de solution dans la drogue, la sexualité, l’agressivité, le vol, etc...
Puisse le Tout Puissant, dans sa grâce nous permettre de donner de l’espoir à nos enfants et notre jeunesse ; leur donner un esprit d’initiative pour non seulement survivre en s’adaptant à la situation, mais transformer notre environnement et nos conditions de vie de manière à dompter la nature hostile et les circonstances défavorables et créer un cadre de vie qui n’a rien à envier à la prairie apparemment plus verte ailleurs. La réussite de la nation de demain dépend de ce que nous aurons investi dans l’enfant aujourd’hui. Manquer de bien former notre relève pour poursuivre et améliorer nos acquis serait un constat d’échec et de ruine de tout l’édifice que nous avons construit pendant de longues années. Cela suppose avant toute autre chose la reconnaissance à l’enfant, le droit à la vie, à l’éducation à la santé, à une atmosphère familiale favorable à son épanouissement. C’est dans ce sens que nous déplorons les égarements et les disparitions d’enfants auxquels les avis de recherche de plus en plus nombreux à la rubrique des avis et communiqués de la R.T.M. commencent à nous habituer à Bamako.
Au seuil d’une nouvelle année, et ayant à l’esprit nos dernières activités autour de la survie et du développement de l’enfant, nous souhaitons que les parents et les autorités prennent de plus en plus leurs responsabilités pour que les tous petits puissent jouir d’un minimum de sécurité.
La santé de l’enfant, son éducation à l’école et en famille, son respect bien qu’il soit homme ou femme en miniature sont des responsabilités très importantes si nous avons une haute appréciation de la valeur de l’enfant. Jésus-Christ disait une fois à ses auditeurs "Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent". Et encore : "Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon père qui est dans les cieux".
Enfin, Monsieur le Président, je formule le voeux, que la nouvelle année soit pour vous et pour votre famille une année de bonne santé, de bonheur et de prospérité, d’éclatant succès dans toutes vos entreprises pour le bonheur du peuple malien.
Que la grâce et la paix du Tout Puissant soient avec vous.
Je vous remercie.
Bamako, le 8 Décembre 1990
Le Délégué Général
Rév. Pasteur Kassoum Kéïta